A l’aube des mots

  • Tétanisés

    Au début on se tait. On le voit prendre le pouvoir, organiser son cabinet, mettre les choses en place selon son plan. Et on se tait. Peu à peu il a commencé à dénigrer ceux qui ne pensaient pas comme lui, à dire qu’ils ne valaient rien et qu’il fallait les remplacer. Les juges d’abord, puis les responsables politiques, les journalistes bien sûr. Et peu à peu il s’est fait une cour qui lui est complétement soumise.

    Au début on se tait, de toutes manières ça se passe en Amérique, nous ne sommes pas concernés, ici, ou si peu.

    Et puis il continue sur son chemin d’abolition des acquis communautaires et de dialogue. Retrait des conventions sur le climat, sortie d’autres organisations qui veulent donner à notre planète une bonne gouvernance. Refus de poursuivre l’aide internationale, retrait des conventions et autres contrats.

    Et on se tait. On se dit que ça ne nous concerne pas vraiment mais juste quelques pays pauvres et de toutes manières sous-développés, enclin à la corruption et à la violence.

    Puis sont venues les droits de douane. Des montants conséquents, soi-disant pour rééquilibrer les finances américaines. Là les politiques ont commencé à se mobiliser. Ils ont été discuter avec le président, ils ont cherché un compromis, se sont presque mis à genou pour que ces droits ne soient pas si terribles que cela. En Suisse aussi, et lorsqu’ils ont eu un contrat ils sont rentrés tout fiers au pays, célébrant une grande victoire alors qu’en fait, grâce à leur soumission et leurs flatteries du chef, et des cadeaux, ils ont juste réussi à limiter les dégâts.

    Le président avance ses pions. Il enlève le président d’un pays voisin, il menace d’annexion un demi-continent, il veut provoquer des changements tous horizons. Et les dirigeants protestent légèrement, par crainte de se voir pénaliser de leur réaction, mais peut-être aussi parce qu’ils sont tétanisés face à la violence de l’avance du président.

    Comme ils ont déjà cédé sur les droits de douane, le président pense qu’ils vont céder aussi face à la prochaine menace. Et rare sont ceux qui réagissent et qui cherchent à confronter le tyran.

    Et moi dans tout cela ?

    Au début j’ai pensé que ce n’était pas si grave. Puis, je me suis dit que c’était ailleurs. Et maintenant que je vois et de plus en plus l’horreur qu’il est en train d’installer dans son pays et dans toutes les relations avec les autres pays. J’ai peur. Peur d’une guerre, peur d’être étranglé.

    Un certain temps j’ai été tétanisé. Ne sachant comment bouger, ni comment réagir. Juste j’ai peur, peur pour l’Ukraine, peur pour la Palestine, peur pour l’Europe, peur pour nos artisans. Je vois les injustices, je vois la menace sur le climat. Je dois sortir de ce côté tétanisé et … mais quoi faire ?

  • Un chant pour la nuit de Noël

    LE CHOEUR DES ANGES        Nuit de Noël 2025 à St. Imier

    Est-ce que vous entendez le chant des anges. Est-ce que vous entendez au loin le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre pour les hommes et les femmes qu’il aime. » ?

    Est-ce que vous entendez toute la beauté et toute la force de ce chant. Les anges chantent : La gloire est à Dieu qui a fait les cieux et la terre. La gloire est à Dieu qui est fidèle et qui nous aime. Il nous a sauvés. Ils chantent, c’est Dieu qui nous apporte le bonheur et le salut. A lui la gloire et l’honneur au ciel et sur la terre.

    Les anges continuent de chanter et de chanter cette gloire pour bien montrer qu’il n’y en a pas une autre et que tous les millionnaires et les milliardaires ne méritent pas la gloire, car même avec toutes leurs richesses, ils n’apportent pas de valeur ajoutée à l’humanité.

    Dieu seul apporte les valeurs qui durent, que sont la justice, la paix et l’amour entre les humains.

    Le chant à la gloire de Dieu est un chant de protestation contre l’idée d’un salut par la force ou par l’argent, par l’intelligence artificielle ou par le pouvoir. La gloire de Dieu c’est cette affirmation que seules les valeurs humaines méritent l’adoration, le respect et le soutien.

    Face à la gloire de Dieu, le progrès, ou la croissance ou encore le désir de posséder davantage ne sont que des idées passagères, éphémères et souvent trompeuses.

    Le chant des anges nous conduit vers l’essentiel, vers le vital, là où la vie se joue, où la vie se partage, où elle est porteuse d’espérance.

    Les anges nous lancent ainsi cet avertissement : abandonnez la convoitise, ne cherchez pas à vouloir toujours plus, ne vous croyez pas au-dessus des autres, mais prenez soin de ceux qui sont dans le dénuement. Ne cherchez pas la gloire pour vous, car un jour elle vous retombera dessus.

    « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre pour les hommes et les femmes qu’il aime. » 

    La gloire de Dieu se conjugue avec la paix pour les hommes et les femmes qu’il aime.

    Les anges savent que les humains ont toujours ce penchant de vouloir se mesurer, se comparer, se quereller, être l’un au-dessus de l’autre, et de se dire meilleur. D’ailleurs souvent nous nous comparons et nous nous querellons pour des raisons qui nous paraissent bonnes mais qui dans le fond sont futiles. Nous en oublions la paix et la justice qui pourtant apportent le bonheur pour chacun.

    La paix de Dieu n’est pas la paix des militaires et des armistices. Elle se vit dans le dialogue et le partage, elle s’unit à la vérité et à l’amour. Elle nous pousse à prendre soin les uns des autres, à être attentifs aux personnes les plus fragiles, aux hommes et aux femmes les plus vulnérables, particulièrement aux blessés de la vie, à celles qui ont subi une injustice ou un malheur.

    « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre pour les hommes et les femmes qu’il aime. » 

    Ecoutez chanter les anges, soyez attentifs, tendez vos oreilles, oui ils chantent en cette nuit de Noël, de leur voix fragiles et douces, ils ne cherchent pas à rivaliser avec les bruits de fonds parfois bruyants. Non, ils ne rivalisent pas, mais ils chantent avec conviction, avec ferveur, avec joie aussi. Ils chantent depuis plus de 2000 ans, patiemment, toutes les nuits de Noël et les autres jours et les nuits aussi, ils chantent et ils nous annoncent ces valeurs qui viennent de Dieu, la paix, la gloire, la vérité et l’amour.

    Ecoutez chanter les anges et suivez avec votre cœur leurs mélodies si pures et si vraies. Laissez ces airs vous pénétrer, vibrez avec leur chant et tout à coup, sans peut-être même vous en rendre compte, vous allez fredonner aussi un petit « Gloire à Dieu au plus haut des cieux », et toujours plus fort, chanter, « et paix sur la terre pour les humains qu’il aime » et vous allez chanter de votre voix la plus belle et la plus claire, chanter la gloire de Dieu, son amour, sa vérité. Chanter et chanter encore.

    Bien sûr il y a les bombes, mais elles n’arrêtent pas notre chant. Au contraire, elles nous poussent à chanter encore plus distinctement l’air d’amour de Dieu, bien sûr, il y a cette maladie qui nous tourmente, et cette voisine qui est à bout, les soucis de tous les jours et la tristesse qui parfois envahit notre cœur. Mais rien de tout cela n’arrêtera ni le chant des anges, ni le nôtre.

    Chantons avec les anges, chantons la gloire de Dieu et nous vivrons. Et nous serons là au milieu du chœur, dans une joie encore petite à Noël peut-être, mais immense lorsque notre chant éclate au grand jour. Parce que notre chant, il n’est pas réservé au cœur des anges, ni au cœur de la collégiale. Notre chant nous pousse à chanter dans la rue, sur la montagne, au bord de l’eau, et même au cimetière et dans les moments de crise.

    Alors, soyons tous attentifs à ce chant, en non pas au brouhaha du monde qui ne nous promet que du vent, soyons attentif au chant qui vient de Dieu en cette nuit de Noël et portons-le, partageons-le, entonnons, nous aussi, un chant du cœur, de la vérité, de la tendresse et de l’espérance divine.

    « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre pour les hommes et les femmes qu’il aime. » 

  • Les bougies en goguette

    C’était une belle couronne de l’avent posée sur la table de communion. Elle était décorée de branches de sapin, d’écorces et de pives. Huit majestueuses bougies roses-rouges dominaient la couronne, elles étaient groupées par deux pour chaque dimanche.

    Dimanche matin, le sacristain allume les deux premières bougies. Premier Avent. Une lumière douce et chaleureuse illumine le chœur et réjouit les paroissiens.

    Comme chaque année une méditation a lieu en fin de journée pendant la période de l’Avent. A cette occasion on allume les bougies de la couronne, on chante, on écoute un texte et on prie. Ainsi le lundi, elles sont à nouveaux allumées pour la méditation, comme c’est prévu tous les soirs.

    Et voilà que le mardi, lorsque les fidèles arrivent à l’église pour la méditation de l’avent, la couronne avait perdu deux de ses huit bougies. Là où il y avait deux bougies pour le troisième dimanche et deux bougies pour le quatrième dimanche, il n’y en avait plus qu’une.

    Les personnes présentes se regardaient et se demandaient qui donc avait eu le culot de voler des bougies de la couronne de l’avent. Personne n’en savait rien. Ni le sacristain, ni le pasteur, ni personne d’autre, chacun se demandait comment c’était possible qu’on fasse pareille chose. Néanmoins, la méditation a lieu, le mardi et les jours qui suivent dans le recueillement et la douce lumière.

    Puis arrive le deuxième dimanche de l’Avent. Pour le culte, le sacristain allume les deux bougies pour le premier dimanche et les deux pour le deuxième dimanche. La lumière est très belle et douce. De loin on remarque à peine qu’il manque deux bougies.

    Puis le lundi et le mardi soir il y avait à nouveau les méditations. On allume les bougies du premier et du deuxième avent. Le mercredi, coup de théâtre, deux autres bougies ont disparu. Ce sont celles du troisième et du quatrième avent qui n’avait pas encore été allumées. Ainsi la couronne a maintenant d’un côté quatre bougies allumées et de l’autre des places vides. Là où les bougies avaient disparu il ne restait plus que les supports.

    Les fidèles contemplent la couronne avec stupéfaction. Ils se regardent les uns les autres, ils s’interrogent. Qui ? Pourquoi ? Est-ce la même personne qui a pris les quatre bougies en deux fois, ou est-ce que ce sont des personnes différentes. Et dans quel but ? Faire une farce, se moquer de l’Avent, ou tout simplement pour faire sa décoration de Noël avec ces quatre bougies.

    Dans l’immédiat il faut remédier au plus urgent, c’est-à-dire réparer la couronne amputée de deux bougies. Les uns proposent carrément d’en acheter une nouvelle, celle-ci pourrait peut-être porter malheur. D’autres voudraient acheter des bougies pour remplacer discrètement celles qui manquaient. Finalement il a été décidé de réparer la couronne en mettant de belles pives à l’endroit où les bougies avaient été fixées et où il y avait une sorte de cicatrice. La couronne était guérie, mais elle boitait d’un côté, avec les bougies à droite, les pives à gauche.

    La disparition des bougies de l’avent restait un mystère et leur absence remplissaient les esprits de questions et d’interrogations. Pourquoi ? Quoi ? Quand ? Comment ? On se demandait même si le voleur s’arrêterait là ou s’il allait aussi emporter les bougies restantes.

    La plupart des personnes pensaient que c’était un voleur malintentionné qui avait pris les bougies pour faire sa décoration. Sans aucun respect ni pour le bien d’autrui, ni pour l’église, ni même pour Dieu. Et ils cherchaient à deviner qui était ce voleur ou cette voleuse. Certains avaient même des soupçons, mais personne n’osait porter des accusations.

    D’autres se disaient que c’était une farce, le défi d’un groupe de jeunes par exemple. Ou un pari un peu bizarre fait sur le dos de l’église. Mais voilà, la plaisanterie avait assez duré, il faut les rendre, pour qu’un puisse terminer l’Avent dans la sérénité, disaient-ils tout haut.

    Ils étaient là à discuter et à s’interroger quand un enfant est venu et s’est écrié : « Ah, les bougies ont décidé de partir. Elles vont éclairer les autres maisons. Là où il fait nuit, où tout est noir et sombre, où on a peur. Elles sont parties pour apporter la lumière de Dieu aux personnes qui ne le connaissent pas. »

    « Tais-toi, disait un homme bien énervé, on ne plaisante pas là-dessus, on les a volées, un point c’est tout ! »

    « Mais non, l’enfant a raison, disait une vieille dame. Il y a bien assez de lumière ici dans notre église. Et pas assez dans le cœur du monde et auprès des malheureux. Les bougies sont parties délibérément. Elles sont sorties pour annoncer l’amour de Dieu là où il est le plus nécessaires, pas dans l’église où il est de toutes manières. »

    « Mais alors comment ont-elles fait pour sortir », demanda un jeune en rigolant.

    « Eh bien elles ont emprunté les jambes d’un passant, qui les a emmenées là où elles devaient aller. Vous pensez que c’est un voleur, moi je vous dis qu’en réalité cet homme ou cette femme est un porteur de Dieu. Il amène la lumière là où elle manque, là où elle est la bienvenue, là où elle est accueillie. Dans une étable peut-être, auprès d’un âne sûrement, là où on ne l’attend pas, mais où elle brille de toute sa force. »

    Ne pleurez pas la disparition des bougies, mais réjouissez-vous que la lumière divine voyage de par le monde et illumine aussi ceux qui vivent dans le noir.

  • Milliardaires de tous pays unissez-vous!

    La nouvelle internationale.

    Après le slogan de Marx et Engel : Prolétaires de tous pays, unissez-vous, il y a ce nouvel appel : Milliardaires de tous pays, unissez-vous.

    C’est à quoi nous assistons maintenant. Un milliardaire à la maison blanche, qui fait profiter à ses amis milliardaires, tout ce que le pouvoir peut offrir en bénéfices et en avantages. Et tous courent vers lui, lui rendent hommage, lui font des cadeaux, le flattent et se soumettent.

    Les milliardaires suisses, à l’image d’autres, sont passés en lui apportant de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Peu importe si ces cadeaux sont légaux ou juste des pots de vin. Ce qui compte, les résultats.

    Tout ça pour faire baiser les droits de douane. Et que les affaires puissent continuer. Ils se posent comme les défenseurs de la suisse, mais au résultat, des emplois seront supprimés en suisse et les entreprises se délocaliseront aux USA, les rentrés fiscales diminueront et nous, le peuple nous nous appauvrissons.

    Mais la fortune des milliardaires non, elle continue de prospérer grâce aux gains en bourse que ces délocalisations auront provoquées.

    Ils se donnent une image de sauveurs de l’économie suisse, mais ils ont juste conclut un deal qu’ils présentent comme une réussite mais que en fait fera payer les mêmes que ceux qui avaient souffert des droits de douane. Et les milliardaires s’en frottent les mains.

  • La vie avance

    La vie toujours avance. Que je bouge ou que je dorme, que je m’ennuie ou que je me passionne, la vie avance toujours.

    Et moi avec.

    Et je vis avec ma vie et pas avec une autre. Et avec ma personne, comme présence intime et avec mon corps, même si je ne l’aime parfois pas.

    J’avance avec moi et lorsque je veux reculer, j’avance quand même.

    Et Dieu est toujours là, présent mystérieusement dans ma vie et dans mon cœur et je suis toujours habité.

  • Soir d’automne

    Le mont Blanc

    Parfois j’aimerais être là comme le Mont Blanc. Assis sur ma base, majestueux, blanc, imperturbable. Exposé aux vents et aux tempêtes, réceptif au soleil et à la pluie. Imperturbable, un point fixe à l’horizon. Ouvert quand même, il n’est pas au-devant de la scène mais dans un bord, attentif à ce qui se passe, prêt à montrer sa force et sa présence ou puissance.

    Les autres montagnes l’entourent avec déférence. Ils savent que le Mont Blanc est le plus haut. Ils n’ont pas besoin de le montrer, c’est clair.

    Eiger, Mönch, Jungfrau

    Quant aux trois bernoises, qui sont plus à l’est, c’est différent. Elles sont là et belles aussi. Mais elles sont trois. Et comme elles sont trois, elles sont toujours en interaction les unes avec les autres comme dans un dialogue sans fin

    Il y a la jeune fille, la vierge, le moine et celui qu’on appelle Eiger, un mot dont on ne sait pas bien le véritable sens. C’est aussi le plus dur à monter, surtout si on cherche à le faire par sa face nord.

    La vierge est large et généreuse, accueillante et ouverte, le moine très discret mais il veille au grain. Quant à l’Eiger, il garde son secret et sa force.

    Depuis qu’il y a un petit train qui monte jusqu’au joug de la jeune fille, le mystère s’est un peu envolé. Il attire avant tout des jeunes aux yeux bridés, qui font leur selfie à haute altitude.

    Mais pour les montagnards, la victoire reste au bout de l’effort.

  • La petite bête qui monte sur la page

    Tandis que j’écris dans mon cahier je vois une petite bête qui monte sur la page. Un insecte, je ne connais pas son nom. Il est toute petit il a même peur de franchi les traits d’encre. En quoi suis-je en relation avec   lui ? Il traverse la page, je le regarde avancer et montrer et je vois qu’il a passé d’une page à l’autre comme moi.

    Pourquoi est-il là ? Quel est son message. Je ne sais pas pourquoi il est là quel est son but. Il reste mystérieux et secret et son itinéraire à travers la page blanche aussi reste mystérieux et secret.

    Mais je le vois. J’y prête attention. J’essaye de comprendre, peut-être même de me mettre à sa place dans sa peau (en fait je ne sais même pas s’il a une peau).

    C’est ça la relation. Voir les autres créatures. Etre attentif à elles, les garder dans mon esprit. Sans critique, sans jugement, sans vouloir non plus chercher à la diriger.

    La relation c’est d’abord une attention à l’autre. L’attention où je me situe sur le même niveau que lui ou elle. Sans discrimination, sans jugement sans se sentir ni en dessus-ni en dessous. Juste l’attention !

  • Au commencement était la relation

    Au commencement était la relation et Dieu était (dans) la relation, et Dieu était la relation.

    Et les vivants et les minéraux et les liquides et les solides, tous tournaient ans cette relation, tous étaient en relation et toutes ces relations se complétaient et s’entraidaient.

    Un jour un homme a pensé que sa relation était meilleure que celle des autres. Il s’est mis à part et a écarté les autres les autres humains les femmes et à plus forte raison les animaux et les arbres.

    Il s’est mis à part et a trouvé qu’il était meilleur que les autres. Il a créé le monde nouveau, non pas celui des relations mais celui de la domination.

    Domination du riche sur le pauvre, de l’homme sur la femme, des humains sur les animaux et la terre.

    Dans ce nouveau monde, cet homme a décidé qu’il avait le droit de nommer les bêtes, le feu la femme, les minéraux et tout ce que contenait la terre. Les éléments naturels, l’eau la viande de bœuf et de porc, le lait des vaches, les œufs et les fromages. Tout. Et il a dit qu’en nommant tous ce qui existe dans ce monde elles pourraient désormais lui appartenir.

    Et même la femme était à lui et à ses semblables blancs riches, cultivés

    Et l’homme a suscité le désir il a dit que c’était le progrès et il a construit un monde de science là-dessus. Et il a exclu les autres, et a parlé de progrès et a admis ceux qui se soumettaient et qui acceptaient de se battre pour recevoir de lui des parts bien méritées – parce que très vite il a affirmé que l’on manquerait de tout – et a demandé que l’on se souvienne de lui avec reconnaissance.

    Et le monde s’est divisé. Les relations se sont effondrées, les rapportes sont devenus de dominants à soumis, des rapports de calcule et de crainte et la relation a cédé le pas et Dieu n’était plus dans la relation, d’ailleurs on se demande bien où il était. Et s’il allait survivre à ce nouvel état.

    Et on va vers le mur.  

    Au commencement était la relation et la relation était Dieu et il faut retrouver cette relation, pour que chaque être humain ait sa part, soit dans la liberté de vie et des échanges.

    Est-ce l’arbre de la connaissance qui a tué la relation et qui a permis au sujet de se situer face à l’objet et avoir un sujet et de l’analyse, et de dominer le sujet.

    Ou est-ce juste la convoitise humaine qui préfère la richesse aux liens et qui ne se prive pas d‘asservir ses semblables et les animaux et d’empoisonner la terre juste par convoitise.

    Ou est-ce juste l’absence d’une vision globale et à long terme qui fait la part belle au petit profit plutôt que de voir les choses dans une perspective de très long terme.

    Reste que si c’est bien la relation qui sauve et qui permettre de survivre tous ensemble dans le monde. Relation homme, femme, animaux, plantes … et Dieu.

  • Après le match des footballeuses suisses contre les espagnoles

    J’ai été impressionné par l’attitude modeste et à la fois fière des joueuses interviewées à la radio. Elles ont accepté leur défaite sans jeter la faute sur d’autres, ni déclarer haut et fort leur malchance ou la partialité de l’arbitre. Elles ont pris note, elles ont exprimé leurs sentiments. Elles ont aussi dit leur joie de jouer devant un public chaleureux. Elles étaient reconnaissantes pour cela.

    Cette attitude des footballeuses contraste avec les propos que l’on entend souvent de la part des joueurs mâles après une défaite. Ils parlent de malchance et d’injustice – souvent même de partialité -, d’occasion manquées et de la chance que les autres ont eu.  

    Comme s’ils étaient des victimes !

    Cela en dit long sur les attitudes divergentes des hommes et des femmes face aux victoires et aux défaites. Le héros doit gagner ! et s’il perd, il enrage, tandis que la sportive de pointe gagne ou perd avec son cœur et ses émotions.

    Tout ceci résonne comme un écho de ce qui se vit tous les jours entre hommes et femmes.

    Pour conclure cette citation : Il faut savoir gagner avec modestie et perdre avec bravoure.

  • Ecoutez les oiseaux du ciel

    Quand je me sens impuissant face au climat et à son réchauffement, je me tourne vers mes amis les oiseaux. Ils sentent aussi que « leur maison » se réchauffe. Ils ne parlent pas de réchauffement climatique, mais ils sont sûrement conscients que quelque chose se passe qui pourrait les menacer.

    Et malgré cela ils chantent encore. Malgré cela ils sifflent, ils s’amusent, ils s’égaient, ils vivent, ils procréent, ils chantent et ils dansent. Ceci tout en étant conscients des menaces et des dangers, ils chantent.

    Pour moi ils sont un exemple. Et ils m’incitent à chanter encore, à me réjouir encore, de la vie et des rencontres et des fleurs et des êtres sous le soleil.

    Ils m’invitent à garder la joie et le chant, même si tout semble aller mal et de chanter toujours, de rire, de danser, de dire notre joie d’êtres vivants.

    Ce n’est pas un alibi, ce n’est pas une manière de mettre la tête sous le sable et de ne rien voir. Mais c’est le cri de la vie et de la vérité, de la survie et de la résilience. Il se réjouit de ce que nous sommes toujours là.

    La vérité toute menaçante soit-elle, ne doit pas nous empêcher de dire et de chanter la conscience qu’elle triomphera de la menace et de la mort.