Je suis mort et je chante doucement

 « J’étais vivant j’habitais la forêt. J’en ai été extrait par une hache cruelle. Tant que je vivais, j’étais silencieux. Maintenant que je suis mort, je chante doucement » Cette inscription que j’ai découverte sur un clavecin du 16ème siècle m’a émerveillé.

L’arbre dans sa forêt résiste à la chaleur et à la tempête, mais il reste silencieux. Une fois son bois travaillé et placé dans l’instrument, il chante. Grâce au savoir-faire et au travail patient de l’artisan, puis aux doigts agiles de l’artiste, le bois chante pour notre joie à tous.

Tout est dit. L’arbre, la forêt, le savoir-faire, le travail, le génie musical et la joie des auditeurs. Pris isolément, chaque moment de ce bois a son importance, mais c’est dans la combinaison et la succession des opérations qu’il prend tout son sens. Sous les doigts de l’artiste, il apporte la chaleur et l’harmonie, le bien-être et la joie.

Les cordes vibrent, le bois se met à chanter, la joie entre dans nos demeures. Les odeurs de cannelle et de girofle, de biscômes et de vin chaud. L’Avent, c’est la douce mélodie de Noël qui vient. Des chants, des enfants et des anges, les lumières et l’attente de la naissance. L’avant-goût de cette naissance si particulière, du fils qui va apporter à la terre son renouveau et qui transforme toute l’humanité.

Le bois de la crèche, puis celui de la croix. Comme pour le clavecin, c’est sur un bois mort, une croix, que le salut va éclater et apporter un chant nouveau à toute la création. Celui de la vie et de l’espérance, de Noël. Il annonce Pâques.

4.12.2021